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CHRONIQUE

CHRONIQUEMongo Beti : Le rebelle (I). Textes réunis et présentés par André Djiffack (Gallimard)
Je m'incline devant votre engagement, votre volonté de ne courber l'échine devant les vexations que vous avez subies. Devant les brimades qui ont été le lot de votre vie alors que vous ne faisiez que vous battre pour votre dignité et celle de votre peuple. Par extension, pour la fierté de l'Afrique. Afin qu'elle soit respectée. Vous avez dénoncé les mensonges des autorités politiques françaises et camerounaises. Je vous sais gré pour ce combat que vous avez mené. Il a été difficile, très difficile et votre vie quotidienne en a pâti. Du coup, je comprends votre volonté de créer ce magazine afin de vous exprimer avec plus de liberté. Vous avez une plume caustique, ironique, violente, juste parfois. C'est la raison pour laquelle, je salue le combattant que vous avez été, je m'incline devant l'écrivain engagé et que je respecte le militant de la cause camerounaise et africaine. Cependant, je ne saurais taire ce qui me laisse perplexe. La majorité des textes qui sont dans ce premier tome ne parle que de vous. Vous auriez dû laisser d'autres personnes parler de vous. Ce qui me donne des raisons pour me méfier des autobiographies. Autre chose, je ne comprends pas votre acharnement à l'encontre de Camara Laye. J'ai réellement apprécié son récit ''L'enfant noir'' et je ne crois pas que votre virulence soit justifiée. Vous ne pouvez pas demander à tout le monde de lutter avec les mêmes armes que vous. Vous avez choisi une voix. Vous devez accepter que les autres africains utilisent d'autres moyens. Je me reconnais dans le roman de Camara Laye et cela me suffit. Du coup, je me demande si votre réputation ne doit pas plus à vos écrits de militant engagé qu'à votre réel talent d'écrivain.
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