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CHRONIQUE

CHRONIQUEBoubacar Boris Diop : Kaveena, l'impossible innocence (Philippe Rey)
J'ai lu ce roman avant de lire votre recueil d'articles. et c'est la qualité de vos écrits qui m'amène à chroniquer un deuxième ouvrage de vous. Kaveena est drôle, caustique, triste, dramatique. Il montre cette face obscure de la politique africaine. Je devrais dire que vous montrez, avec talent, l'utilisation que les hommes politiques africains font des responsabilités que le peuple leur confie. Ici, je reviens sur ce que je disais ci-dessus, à savoir qu'on rit même quand c'est triste parce que vous avez une écriture dynamique, chatoyante ; une écriture en mouvement. J'aime l'idée de l'égalité devant la mort. Celle du Dictateur Nikiema, en état de putréfaction, dans une petite maison qu'il louait pour sa maîtresse qui est une artiste et dont il a tué la petite fille. Un dictateur qui doit son pouvoir à un français et qui dispose de la vie de ses concitoyens à sa guise. C'est la capitulation des dirigeants africains qui sont téléguidés par l'extérieur. malgré le désordre ambiant, il règne une atmosphère de noblesse dans ce roman quand certains personnages font preuve de dignité et refusent de se laisser acheter alors qu'ils pourraient s'enrichir. Mais la conscience ne s'achète pas car c'est la seule richesse qui reste au pauvre face à l'inconsistance des responsables politiques et à la démission des intellectuels. J'aime assez l'idée de l'Afrique représentée par cette jeune femme indomptable ''contrainte d'offrir son corps en conservant une mystérieuse dignité''.
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