
Joël Michel : Condeleezza Rice. La puissance et la grâce (La table ronde)
« sa véritable originalité, si l'on peut se permettre cette remarque très peu politiquement correcte, c'est que ce n'est pas une beauté noire, c'est une beauté blanche ou plutôt une alliance qui fait son charme tout particulier ». Je me permets de souligner cette phrase parce qu'elle est insultante. Toute comme celle où vous relevez qu'elle doit ce qu'elle est, en partie, au fait d'avoir du sang blanc dans son ascendance. Du coup, je m'étonne que tous les noirs, aussi bien français qu'américains, qui ont des blancs dans leur ascendance, n'aient pas la réussite de Condeleezza Rice. Pour ce qui est de sa beauté, vous faites une comparaison avec Queen Latifah ou Woopie Goldberg qui sont des femmes fortes. Sans vouloir faire injure à votre travail qui est de qualité, vous vous êtes fourvoyé. Que ne citez-vous pas Oprah Winfrey qui n'a pas une beauté blanche. Que ne citez-vous pas Monica Belluci, Gina Lollobrigida, Sophie Marceau, Emmanuelle Béart qui font fantasmer les hommes parce qu'elles ont des formes généreuses qui sont l'apanage des femmes noires ? Du coup, j'ai failli oublier que vous aviez consacré la majorité de votre texte aux qualités intellectuelles et morales de Condoleezza Rice qui est une femme forte et un exemple à suivre. Elle qui considère que la couleur de la peau ne doit pas être un handicap puisqu'elle fait partie de ce que nous sommes. La réussite de Condoleezza Rice doit être un exemple pour tou(te)s ces jeunes noir(e)s à qui elle montre que l'éducation et la confiance en soi sont des critères indispensables à la réussite. Et vous avez raison de souligner le rôle de ses parents qui ont fait croire à leur fille qu'elle pouvait voler et toucher le ciel. Elle a raison Condoleezaa Rice de considérer que l'on doit se réaliser individuellement. Elle a certainement compris que la notion de groupe est importante pour sa communauté.