
Thomas Blondeau, Fred Hanak : Combat rap. 25 ans de hip-hop / Entretiens (Castor music)
Si vous le permettez, je voudrais commencer par ce que j'ai le moins apprécié. En effet, à vous lire, j'ai comme l'impression que le rap ne s'exprime mieux que dans la galère et qu'il est incompatible avec la richesse. C'est ainsi que vous semblez reprocher à Puff Daddy et à Jay-Z d'êtres fortunés. Mais il me semble que l'on peut être riche et en colère. Je me devais de faire cette remarque sans chercher à nuire à votre travail qui est bien fait et qui présente l'évolution du rap et du hip-hop. Cette musique qui est supposée exprimer la rage des jeunes noirs d'Amérique leur permet de sortir de la pauvreté et des ghettos dans lesquels ils vivaient. Vive l'Amérique et vive le talent ! J'apprécie l'historique que vous faites en mettant en avant les groupes qui ont révolutionné ce genre musical car l'histoire du rap et du hip-hop est celle du révolution qui s'est faite à coups de mots, de lyrics, d'improvisation et qui se fait, maintenant, à coup de pistolets et de morts. On sent, chez vous, un amour profond pour ces artistes qui vous ont certainement fait rêver. Cependant, on voit poindre aussi de la déception car vous êtes des adeptes de l'authenticité, de l'underground. Mais, les choses ne peuvent pas évoluer comme vous le voulez. Elles évoluent en fonction de la sensibilité des artistes et des producteurs qui s'enrichissent sur le dos des artistes. Néanmoins, il y a un fait que vous souligner et qui est important, c'est qu'il devenait indispensable que les jeunes noirs qui font cette musique et la philosophie de vie qui l'accompagne, prennent le business en main.