
Runoko RASHIDI : Histoire millénaire des africains en Asie (Editions monde global)
« En effet, lorsque les enfants naissent, on les oint une fois par semaine avec l'huile de sésame, et on les fait ainsi devenir notablement noirs. Car je vous dis que celui qui est le plus noir, on le tient pour plus précieux et plus beau que les autres qui ne sont pas aussi noirs. Et encore vous dis-je une autre chose : car je vous dis que ces gens font portraiturer et peindre tous leurs dieux et leurs idoles en noir, et leurs diables en blanc de neige, car ils disent que Dieu et tous les saints sont noirs et que les diables sont tous blancs. Voilà pourquoi ils les font portraiturer et peindre ainsi que vous les avez ouï. Car je vous le dis, ils font les images de leurs idoles toutes noires ». Cette citation serait de Marco Polo que vous citez. Ceci pour dire que les noirs sont parmi les premiers habitants en Asie. Je ne sais pas si je dois vous croire. Ce qui m'intéresse ici, c'est de comprendre. Car comprendre est plus important que savoir. Votre démarche m'aide à interroger l'histoire officielle telle qu'elle nous est enseignée. C'est en ce sens que j'apprécie ce que vous faites. Vous êtes rigoureux et des images soulignent ce que vous affirmez. Il est vrai que vous êtes un spécialiste de la présence des noirs dans le monde puisque vous parcourez le globe à la recherche de leurs présences. Ce que je crois, c'est que l'on devrait vous lire afin de remettre en question ce qui nous est appris à l'école. Car, vous faites cas de la présence des noirs dans les familles royales ainsi que chez les nobles d'Asie. C'est ainsi que vous affirmez qu'au Japon, le noir était synonyme de beauté ou que les samouraïs étaient noirs. En fait, vous donnez un prétexte aux noirs d'êtres fiers de ce qu'ils sont. Peut-être est-ce un moyen pour les inciter à écrire leur histoire. Eux dont l'histoire est écrite par les autres. Je crois qu'il serait intéressant que votre livre soit lu par le plus grand nombre afin d'initier des recherches. Dans ce sens, je ne peux que l'apprécier. Ce que je voudrais dire, c'est que je ne vous signe pas un chèque en blanc ; c'est-à-dire que je ne prends pas pour argent comptant tout ce que vous dites mais je suis tenté de vous suivre parce que j'aimerais comprendre.