
Fadel Dia : « A mes chers parents gaulois... » (Les arènes)
Un livre que j'eus aimé écrire. Parce que vous dites ce que nombre de personnes pensent de la France. Un livre que j'eus voulu écrire avec ce ton caustique, sarcastique, moqueur, insolent et drôle. Car on ne s'ennuie à aucun moment en vous lisant. Il est temps, ainsi que vous le dites, de parler de Nous aux français et de leur dire comment nous les voyons. Il est temps de leur dire que nous savons comment ils nous voient parce que la grande majorité de français, impuissants à s'ouvrir à nos cultures, portent sur nous et cultivent des jugements pleins de préjugés et d'idées reçues. Cela doit changer car ils doivent apprendre à ne plus ignorer ce que les africains savent et pensent d'eux et à les considérer autrement. Vous y participez grandement. Avec finesse, vous revenez sur les relations entre la France et ses colonies. Et, si vous vous attardez sur le cas du Sénégal, on comprend aisément que vous parlez de tous ces pays colonisés par la France qui n'est nullement étouffée par la modestie. Si vous décrivez avec justesse, la relation d'attirance-répulsion qu'ont les sénégalais pour la France, je retiens surtout les leçons d'histoire que vous assenez sans avoir l'air d'y toucher. Vous revenez avec insistance sur les apports de la tradition et des civilisations africaines qui ont été endommagées par le colonisateur. Ce qui fait que nous avons appris à nous voir avec le regard du colonisateur. Ce que vous exprimez comme suit : « le pire, c'est qu'après nous avoir enseigné votre histoire, vous avez aussi voulu nous enseigner la nôtre, ses fondements, ses usages, ses traditions. C'était sans doute pour pouvoir privilégier les versions les plus conformes à vos intérêts. C'est ainsi que qu'à votre suite et conformément à vos enseignements, nous nous étions mis nous-mêmes à dénigrer les principales figures de notre passé et notamment celles qui s'étaient opposées à votre conquête. » J'espère que les français qui ne tiennent pas compte de ceux qui les dérangent, vous liront. Ainsi, ils comprendront peut-être pourquoi les jeunes diplômés africains préfèrent étudier ailleurs qu'en France. Peut-être qu'ils essaieront de se remettre en cause grâce à vous.