
Lilia Momplé : Neighbours (Les allusifs)
A la lecture de votre ouvrage, on se rappelle que tout est lié dans la vie. On se rend compte que nous sommes liés à nos voisins même si on les ignore et qu'on ne sait pas qu'ils existent. C'est ainsi que trois familles vont voir leurs vies bouleversées parce que les autorités sud-africaines ont décidé de tuer un couple qui n'était en rien lié à l'ANC. Des tueurs recrutés par les services secrets sud-africains pour commettre un meurtre et qui ont accepté cette mission pour différentes raisons. J'aime beaucoup votre style. Il est simple et permet de suivre, avec plaisir, les malheurs de vos personnages. Car il est question des difficultés que vivent vos héroïnes et héros. Et puis, on y voit la méchanceté en action. Je veux dire que certains personnages sont dépourvus de sensibilité, de générosité. Mais cela ne fait que donner plus d'intérêt aux combats de ceux de qui essaient de s'en sortir. J'ai été sensible à l'humiliation subie par madame Narguiss, le jour de l'Aïd, quand son époux préfère rester chez sa jeune maîtresse plutôt que de partager ce moment avec sa famille. Cette douleur discrète est partagée par la cadette qui souffre pour sa mère et aspire à devenir médecin. En fait, ce que votre roman montre vraiment, c'est l'ingérence permanente et tragique du pouvoir raciste d'Afrique du sud, au cours des années quatre-vingt, dans votre pays, le Mozambique. Ingérence qui, comme on le voit dans le roman, a fait des dizaines de morts.