
Calixthe BEYALA : La plantation (Albin Michel)
La semaine dernière, j'entendais, dans le métro, deux jeunes femmes parler de votre dernier roman et en dire du bien. L'une d'entre elle parlait de votre style. Je reconnais que vous avez un beau style. Ce serait être de mauvaise foi que de prétendre le contraire. Cependant, le style ne fait pas tout. Il faut que l'histoire qu'il sert soit crédible. Or, celle que vous développez dans ''La plantation'', manque de crédibilité. Ce qui fait que dès les premiers mots, les premières lignes, je suis sorti de votre roman. Je l'ai lu jusqu'au dernier mot, jusqu'à la dernière lettre mais je ne suis pas arrivé à me sentir concerné. En effet, j'ai eu du mal à croire dans l'histoire de votre héroïne, cette jeune fille blanche de 18 ans au caractère affirmé qui réussit à changer le cours de l'histoire. J'ai du mal à croire dans cette histoire où la beauté ne se trouve que du côté des blancs et où la description que vous faites des noirs est ahurissante. A un point tel que les seules personnes de couleur qui trouvent grâce à vos yeux sont des métis. Mais laissons de côté la description de vos personnages pour revenir à l'histoire que vous racontez. Elle colle à une certaine actualité. Celle qui voyait certains pays d'Europe et les Etats-Unis vouer le président du Zimbabwe aux gémonies. Comme si vous aviez épousiez cette opinion. Ce que je voudrais ajouter, c'est que le texte de la quatrième de couverture non plus n'est pas crédible. Je n'ai pas lu ''Autant en emporte le vent'' mais je crois que la comparaison n'est pas en votre faveur. Que votre éditeur dise : '' pour la première fois, un grand écrivain noir se met dans la peau des blancs, des colonisateurs.'' Je me demande comment on peut se mettre dans la peau du colonisateur. C'est certainement cette démarche qui fait, qu'à mes yeux, votre roman manque de crédibilité. Et c'est l'une des raisons pour lesquelles je n'ai pas réussi à y rentrer et à me sentir concerné. C'est sûrement pour cela que je ne l'ai pas apprécié.