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CHRONIQUE

CHRONIQUEJuliette SMERALDA : Du cheveu défrisé au cheveu crépu, de la désidentification à la revendication (éditions Anibwe)
Le terme fort de votre essai, c'est la prise de conscience. En effet, il s'agit pour vous, de nous faire prendre conscience du fait que nos cheveux parlent pour nous et de nous. Ils disent qui nous sommes et notre relation à l'histoire du peuple noir. Si j'osais, je résumerais votre travail dans les termes suivants : ''montre-moi comment tu te coiffes et je te dirai qui tu es''. Ce livre est différent du premier que vous avez fait et qui s'intitule ''Peau noir cheveu crépu'' aux éditions Jasor même si vous traitez du même thème. Votre travail est important parce que vous mettez des mots sur les préoccupations qui sont les miennes et celles de nombreuses personnes au cheveu crépu. Faut-il ou non se défriser le cheveu quand on est noir ? Ce que vous dites, c'est que la question ne devrait même pas se poser. Parce que le défrisage représente un phénomène de désidentification du noir. Surtout, de la femme noir. Je généralise même si vous insistez beaucoup sur le rapport que les antillaises ont à leur cheveu. Pour la plupart, elles ont intégré le déni de soi en voulant ressembler à l'autre, le dominant qui impose les critères de beauté. Vous faites un lien entre la coiffure et la couleur de la peau car, avoir le cheveu défrisé serait un signe de beauté selon les canons occidentaux. Pour ma part, je suis en adéquation parfaite avec votre thèse parce que la coiffure est un acte de revendication, un acte politique. Quand je me promène, je me demande toujours où sont passées les femmes noires. Parce que celles que je vois ont souvent des rajouts, des perruques ou se défrisent le cheveu afin de ressembler, le plus possible, à la femme blanche. Ce n'est pas une question de couleur mais il est important de ne pas se renier. Ainsi que je le dis souvent, je préfère l'original à la copie. Aussi, plutôt que de sortir avec une femme noire qui ressemble à une femme blanche, je préfèrerai sortir avec la femme la femme blanche. Ce que je voudrais dire et que vous dites avec beaucoup de lucidité, de talent et de conviction, c'est que la femme noir doit s'assumer et assumer son cheveu. Tout simplement parce qu'elle est belle au naturelle. Je crois que toutes les personnes qui sont complexées par leur cheveu devraient vous lire. Peut-être qu'elles y trouveraient les réponses aux questions qu'elles se posent.
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