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CHRONIQUE

CHRONIQUEDavid DIOP : Coups de pilons (Présence africaine)
''Afrique mon Afrique
Afrique des fiers guerriers dans les savanes ancestrales
Afrique que chante ma grand-mère
Au bord de son fleuve lointain
Je ne t'ai jamais connue
Mais mon regard est plein de ton sang
Ton beau sang noir à travers les champs répandu
Le sang de ta sueur
La sueur de ton travail
Le travail de l'esclavage
L'esclavage de tes enfants
Afrique dis-moi Afrique
Est-ce donc toi ce dos qui se courbe
Et se couche sous le poids de l'humilité
Ce dos tremblant à zébrures rouges
Qui dit oui au fouet sur les routes de midi
Alors gravement une voix me répondit
Fils impétueux cet arbre robuste et jeune
Cet arbre là-bas
Splendidement seul au milieu de fleurs blanches et fanées
C'est l'Afrique ton Afrique qui repousse
Qui repousse patiemment obstinément
Et dont les fruits ont peu à peu
L'amère saveur de la liberté''
Magnifique texte qui dit tout votre amour pour ce continent que vous n'avez pas eu le temps de connaître. Ce continent si cher à votre c½ur et pour lequel vous êtes mort dans un accident d'avion. Ce poème symbolise la force de votre recueil, votre vigoureuse et obstinée foi en l'avenir de notre Afrique commune. Une foi qui pénètre le lecteur, l'interpelle afin qu'il prenne conscience de la richesse et de la valeur qui sont siennes. Je ne suis pas surpris que ce poème soit dédié à votre maman. C'est l'expression de l'affection, énorme, incommensurable que vous lui portez. A la lecture de ''Coups de pilon'', je me revois en classe, à l'école primaire à réciter ce poème qui m'a valu de recevoir des coups de chicotte parce que je n'arrivais pas à le retenir. Finalement, c'est une part de mon enfance que je retrouve en vous lisant. Néanmoins, ce qui m'amène à chroniquer votre recueil de poèmes, ce sont vos sentiments pour cette Afrique que vous n'avez pas connue et que vous idolâtriez si fort. Ce qui me fait penser à ces jeunes noirs, ces jeunes africains qui ont vécu en Afrique et qui, une fois en occident, rejette tout ce qu'elle représente. Parfois, certains ont honte de se dire africains. Ils devraient vous lire et, peut-être, comprendront-ils que l'Afrique nous habite même si nous voulons nous en éloigner. Je vais vous faire un aveu : j'aime, de façon immodérée, votre recueil de poèmes. Et j'espère que nous serons de plus en plus nombreux à l'aimer, à en parler afin de le faire connaître au plus grand nombre. Afin que vos sentiments revivifient le sang qui coule dans nos veines. C'est ça ! ''Coups de pilon'' revivifie, il redonne espoir, il rétablit la foi, fut-elle vacillante, en notre Afrique. Pour cela, je vous exprime toute ma gratitude et toute ma reconnaissance.
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